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La Corée du Nord prête à "bien s'entendre" avec Washington, rejette les avances de Séoul
information fournie par AFP 26/02/2026 à 03:31

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un s’exprime au congrès du Parti des travailleurs de Corée à Pyongyang sur cette photo prise le 23 février 2026 et diffusée par l’agence officielle nord-coréenne KCNA le 24 février 2026 ( KCNA VIA KNS / STR )

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un s’exprime au congrès du Parti des travailleurs de Corée à Pyongyang sur cette photo prise le 23 février 2026 et diffusée par l’agence officielle nord-coréenne KCNA le 24 février 2026 ( KCNA VIA KNS / STR )

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a estimé que Pyongyang pourrait "bien s'entendre" avec les Etats-Unis, sous condition que soit reconnu son statut nucléaire, tout en repoussant les tentatives de dialogue de Séoul, a rapporté jeudi l'agence officielle après la clôture du congrès du parti unique.

Lors du précédent congrès en 2021, Kim Jong Un avait désigné les Etats-Unis comme le "plus grand ennemi" de sa nation. Le président américain Donald Trump a récemment redoublé d'amabilités envers le dirigeant, dont la position semble s'être adoucie envers Washington.

Et cette fois-ci, c'est à la Corée du Sud voisine que M. Kim a réservé l'appellation d'ennemi "le plus hostile".

Si Washington "respecte le statut actuel (de puissance nucléaire) de notre pays tel qu'il est stipulé dans la Constitution (...) et abandonne sa politique hostile (...) il n'y a aucune raison pour que nous ne puissions pas bien nous entendre avec les Etats-Unis", a déclaré M. Kim, selon l'agence officielle KCNA.

Lors d'une tournée en Asie l'année dernière, Donald Trump s'était déclaré "ouvert à 100%" à une rencontre avec Kim Jong Un. Il s'est même positionné à rebours de plusieurs décennies de politique américaine en concédant que la Corée du Nord était "en quelque sorte une puissance nucléaire".

Les spéculations s'intensifient sur la possibilité d'une rencontre avec Kim Jong Un en marge de la visite prévue de Donald Trump en Chine, annoncée du 31 mars au 2 avril.

Au cours de son premier mandat, MM. Trump et Kim se sont rencontrés à trois reprises pour tenter de parvenir à un accord de dénucléarisation, sans succès.

Les dernières déclarations de la Corée du Nord "indiquent une intention de poursuivre ses relations avec les Etats-Unis de manière indépendante, sans passer par la Corée du Sud", a commenté pour l'AFP Yang Moo-jin, ancien président de l'Université des études nord-coréennes de Séoul.

Elles confirment aussi que M. Kim "rejettera toute négociation fondée sur la dénucléarisation", selon M. Yang.

- Revers pour Séoul -

A l'issue du 9e congrès du Parti des travailleurs, achevé mercredi soir par une grande parade militaire selon KCNA, Kim Jong Un a fermé la porte aux offres de Séoul, allié de Washington en matière de sécurité.

M. Kim a annoncé que Pyongyang cessera "à jamais" de considérer les Sud-Coréens comme des compatriotes, qualifiant les récentes initiatives conciliantes de Séoul de "trompeuses".

La Corée du Nord "n'a absolument rien à faire avec la Corée du Sud, son ennemi le plus hostile, et exclura à jamais la Corée du Sud de la catégorie des compatriotes", a déclaré M. Kim, selon l'agence KCNA jeudi.

Le président sud-coréen Lee Jae Myung oeuvre depuis son investiture en juin à la reprise du dialogue bilatéral. Jusqu'à présent sans réponse du Nord.

"Tant que la Corée du Sud ne pourra pas échapper à la situation géopolitique qui la lie à notre pays par une frontière commune, la seule façon pour elle de vivre en sécurité sera de renoncer à tout ce qui nous concerne et de nous laisser tranquilles", a encore lancé M. Kim.

Pyongyang a annoncé le mois dernier avoir abattu un drone venu du Sud et demandé des comptes à Séoul. Une enquête a été ouverte pour déterminer qui était à l'origine de ce survol.

Le président Lee Jae Myung avait jugé ce type d'initiative pouvait déclencher une guerre entre les deux Etats qui n'ont pas signé officiellement de traité de paix à l'issue du conflit de 1950-1953.

- Sanctions -

La Corée du Nord, dotée de l'arme nucléaire, est soumise à plusieurs séries de sanctions en raison de ses programmes d'armement.

Pyongyang produit même assez de matière nucléaire chaque année pour assembler jusqu'à 20 armes atomiques, a estimé la présidence sud-coréenne en janvier.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a été reconduit dimanche au poste de secrétaire général du Parti, qui dirige le pays communiste depuis les années 1940, au 9e congrès du Parti des travailleurs de Corée, montré sur cette photo prise le 23 février 2026 et publiée le 24 février 2026 par l'agence d'Etat KCNA à Pyongyang  ( KCNA VIA KNS / STR )

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a été reconduit dimanche au poste de secrétaire général du Parti, qui dirige le pays communiste depuis les années 1940, au 9e congrès du Parti des travailleurs de Corée, montré sur cette photo prise le 23 février 2026 et publiée le 24 février 2026 par l'agence d'Etat KCNA à Pyongyang ( KCNA VIA KNS / STR )

Mais des sources diplomatiques sud-coréennes ont indiqué à l'AFP en janvier que le Comité des sanctions contre la Corée du Nord du Conseil de sécurité des Nations unies s'apprêtait à accorder une exemption de sanctions aux projets d'aide humanitaire dans le pays.

Cela permettrait à Washington et Séoul de supprimer l'alibi invoqué par Pyongyang pour refuser jusqu'ici le dialogue, d'après des analystes.

Pyongyang a modifié sa constitution en 2024 pour définir la Corée du Sud comme un "Etat hostile", pour la première fois.

Le congrès du parti au pouvoir, qui se tient tous les cinq ans, avait démarré le 19 février. C'est l'événement politique le plus important en Corée du Nord, destiné à renforcer l'autorité du régime. Kim Jong Un a ainsi été reconduit dimanche à l'unanimité au poste suprême de secrétaire général du Parti, qui dirige le pays communiste depuis les années 1940.

1 commentaire

  • 07:15

    Le grand ami sanguinaire et complice de Poutine a compris qu’il était facile de manœuvrer un Taco, tellement imbu de lui-même et narcissique. Il est ainsi prêt à flatter le boutiquier de Washington pour pouvoir accélérer son propre programme nucléaire militaire, ni vu ni connu!


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